17-04-2011

Les déclarations du président de Total prévoyant un prix de deux euros pour le sans-plomb ont suscité beaucoup de réactions ; y compris du gouvernement contraint de prendre quelques mesures face à la hausse du carburant. Pourtant même s’il est difficile d’envisager des scénarios, on peut craindre que le pétrole  continue de flamber. En raison de l’augmentation de la consommation mondiale, des réserves pétrolières et de la situation au Proche-Orient.  La consommation mondiale ne va pas se réduire du fait de la demande croissante des pays émergents (Chine, Inde etc.) et du Japon pour la reconstruction du pays. Cette consommation a progressé de 3.4% en 2010, elle sera de l’ordre de 2% en 2011 pour atteindre environ 85 millions de barils. Dans le même temps les pays producteurs ne semblent pas à augmenter significativement leur production. Cette éventuelle augmentation de la production aurait pour effet de favoriser la baisse du baril à un moment où les pays du Proche-Orient ont un urgent besoin de financer les nouvelles revendications de leurs citoyens. L’instabilité au Proche-Orient alimente la tendance haussière du pétrole d’autant plus qu’on ne peut prévoir le débouchés politiques de certaines révoltes et leurs conséquences. Il est clair par exemple que des mesures de coercition pour le passage du  canal de Suez auraient des effets très néfastes sur les économies européennes. 

Des fondamentaux favorables à la hausse Au-delà de la conjoncture géopolitique, il faut aussi prendre en compte les fondamentaux qui tirent le pétrole vers le haut ; On s’aperçoit aujourd’hui que les réserves de l’OPEP marque le pas depuis 1986 ; A cela plusieurs raisons, les réserves des pays producteurs comme l’OPEP (ou même les réserves des sociétés pétrolières qui représentent 15% du total) sont complètement surestimées. Les réserves de pétrole ont été notoirement surévaluées chez les membres de l’OPEP afin de pouvoir profiter de quotas les plus importants possibles. La surestimation vaut aussi pour les réserves des sociétés pétrolières dont la valorisation boursière dépend de cet élément. Du coup, on vient sérieusement à douter que les réserves puissent encore satisfaire les besoins d’ici une quarantaine d’années puisque sans doute la moitié du pétrole disponible a déjà été consommé.  Cela d’autant plus qu’on voit mal la demande diminuer en l’absence dune énergie alternative. A cet égard, l’accident nucléaire au Japon ne va pas favoriser le développement de ce type d’énergie. On risque au contraire d’assister à un report sur les énergies fossiles. Les traders ont largement intégré ces différents événements (enquête Reuters du 4 avril 2011) en imaginant un baril à 130 dollar dès 2011. 

Il faut un baril à 210 dollar pour un litre de sans-plomb à 2 euros  On est encore loin des 210 dollars qu’il faudrait atteindre pour que le super sans-plomb passent à 2 deux euros le litre. Les conséquences économiques seraient graves pour le pouvoir d’achat des consommateurs mais aussi pour toute l’économie. Un baril à 130 dollar ferait baisser la croissance mondiale de 0,5 à 0,75 %. La facture pour l’Europe pourrait être modifiée dans un sens ou dans l’autre en fonction de la parité dollar-euro. Si le dollar baisse la facture serait allégée ; dans ce cas, il faudra aussi interroger sur la politique « tarifaire » des membres  l’OPEP payés eux aussi en dollar et qui n’apprécieraient guère une diminution de leurs revenus. Inversement, si c’est l’euro qui diminue face au dollar, là on est sûr de la croissance supplémentaire des prix du pétrole. Compte tenu des situations d’endettement des deux zones géographiques, il est difficile de faire des pronostics, ce qui est certain c’est que ces deux monnaies sont malades ; ce qu’on ne sait c’est celle qui risque de l’être davantage et plus tôt que l’autre. La tendance lourde va donc dans le sens d’un renchérissement du carburant.  L’échéance d’un éventuel litre de super sans plomb à 2 euros ne peut être écartée pour le moyen et long terme en raison de l’épuisement plus rapide que prévu des ressources et même à court terme en raison des évolutions politiques, économiques et sociales au Proche- orient. Des évolutions politiques qui vont contraindre bon nombre de pays émergents, pas seulement au Proche–Orient, à revoir la distribution des richesses pour sauver leur régimes entraimant une croissance de la demande de pétrole. Autant de bonnes raisons pour que la politique des transports notamment en France soient sérieusement réorientée.   

Publié par bessay dans Non classé | RSS 2.0

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